
Last Updated on 29 juillet 2025 by disco.tracking@gmail.com
Il y a des jeux qui font l’unanimité, et d’autres qui suscitent l’attachement d’une poignée d’irréductibles. Les jeux d’aventure point-and-click, eux, naviguent quelque part entre les deux. Jamais vraiment à la mode, jamais totalement oubliés. Ils continuent, bon an mal an, à écrire de belles histoires, à leur rythme, loin du vacarme des blockbusters.
Le plaisir de cliquer sur un décor, d’observer un détail, de faire parler un personnage loufoque, reste intact. Pour moi, tout a commencé avec Monkey Island. Quand le curseur clignote et que la musique démarre, je redeviens l’ado qui se perdait des heures dans les énigmes absurdes de Guybrush Threepwood. Et quand Return to Monkey Island est sorti, j’y ai vu plus qu’un retour : une preuve que ce genre avait encore de l’avenir.
Hélas, la renaissance espérée n’a pas vraiment eu lieu. Les annonces se font rares, et l’engouement reste confidentiel. Pourtant, les aventures à clics continuent de tracer leur chemin, nourries par des studios indépendants et une petite communauté de passionnés.
Une révélation personnelle
Née dans les années 90, j’ai grandi avec un PC partagé entre Adibou, CD de démos et jeux installés en douce. Très vite, j’ai été happée par ces jeux où il fallait réfléchir plutôt que courir. Broken Sword, Runaway, The Longest Journey… Ils m’ont appris à aimer les récits, les dialogues bien écrits, les mystères à résoudre. Plus tard, ce fut la claque The Walking Dead par Telltale, puis The Wolf Among Us, Tales from the Borderlands, Life is Strange…
Ce que j’aime dans ces jeux, c’est qu’ils me permettent de prendre le temps. Pas besoin de réflexes ultra-rapides ni de combos compliqués. Juste moi, une histoire, des choix à faire. Même si ces choix ne changent pas toujours la fin, ils me donnent l’illusion d’exister dans le récit. Et souvent, l’émotion est bien réelle.
Certains pointent les défauts : énigmes tirées par les cheveux, gameplay rigide, manque d’évolution technique. C’est vrai. Mais ces jeux ont su se réinventer en silence, souvent grâce à des financements participatifs ou à la passion pure de développeurs indés.

Mes pépites du moment
Si vous cherchez à (re)découvrir ce genre, voici quelques titres que je recommande chaudement :
- The Drifter : Une ambiance sombre, des énigmes bien pensées, une narration haletante digne de Stephen King ou Michael Crichton. Vous incarnez Mick Carter, un homme traqué par sa propre mort dans un thriller surnaturel très prenant. Le doublage est excellent, et la mécanique de résurrection intelligente ajoute une tension constante.
- Loco Motive : Direction les années 1930, à bord d’un train où se mêlent meurtres, secrets et humour british. Avec son style pixel art charmant, ce jeu rappelle les classiques tout en injectant une bonne dose de modernité. Les puzzles sont drôles, accessibles, et le scénario se savoure comme un roman d’Agatha Christie.
- NORCO : Un OVNI narratif. Cyberpunk poétique, critique sociale, mysticisme… Le tout ancré dans une Louisiane industrielle. C’est dense, parfois déroutant, mais incroyablement fort et personnel.
- The Excavation of Hob’s Barrow : Une plongée dans le folklore anglais, à la fois glaçante et élégante. On y avance lentement, porté par une ambiance oppressante, un design sonore impeccable, et un scénario maîtrisé de bout en bout.
- The Case of the Golden Idol : Moins classique dans sa forme, mais un régal pour les amateurs de déduction. Un jeu de réflexion où il faut reconstituer des meurtres à partir d’indices textuels et visuels. C’est comme un Cluedo version cérébrale, avec un soupçon de Return of the Obra Dinn.
Et demain ?
Peut-être que le point-and-click ne retrouvera jamais sa gloire d’antan. Peut-être qu’il restera ce plaisir un peu hors du temps, savouré dans le calme d’une soirée pluvieuse. Et c’est très bien ainsi. Parce que parfois, ce dont on a besoin, ce n’est pas d’explosions et de mondes ouverts, mais d’une bonne histoire, d’un personnage attachant et d’un mystère à élucider, clic après clic.


