Ubisoft sous le feu des critiques : son jeu bientôt injouable suscite la colère

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Le couperet est tombé pour de nombreux passionnés de jeux vidéo : en décembre dernier, les serveurs de The Crew (2014) ont été mis hors ligne, rendant le titre complètement injouable, y compris en mode solo. Pour beaucoup, l’achat d’un boîtier soigneusement conservé s’est transformé en simple souvenir numérique.
Une pétition qui fédère
En avril 2024, le youtubeur Ross Scott a lancé la pétition Stop Killing Games, dénonçant cette forme d’obsolescence programmée et appelant la Commission européenne à encadrer la fin de vie des jeux vidéo. Plus de 1,3 million de signataires ont répondu présent, soulignant le besoin d’une législation pour protéger l’accès pérenne aux titres achetés.
Un parallèle saisissant
Dany Guay-Bélanger, historien du jeu vidéo, compare cette situation à un garagiste qui ferrait une voiture pour une pièce manquante : « Privé de la partie solo, un jeu devient une coquille vide », explique-t-il. Cette image illustre à quel point le joueur perd sa liberté d’usage une fois l’assistance officielle interrompue.
Des conditions d’utilisation controversées
Le contrat de licence d’Ubisoft exige la désinstallation et la destruction de toute copie dès que le support n’est plus maintenu. Une clause conçue il y a plus de dix ans, que le groupe assure vouloir adapter aux attentes des communautés. Pourtant, nombreux sont ceux qui estiment que permettre des serveurs privés serait un moindre mal pour préserver le patrimoine ludique.
Vers une législation européenne
Thomas Burelli, professeur en droit civil à l’Université d’Ottawa, rappelle que les joueurs ne détiennent aujourd’hui qu’une licence d’exploitation, et non la propriété du jeu. Pour changer la donne, il préconise une réforme européenne obligeant les éditeurs à garantir l’accès hors ligne au mode solo, même une fois les serveurs fermés.
Un mouvement transatlantique
Au Canada, une initiative semblable a rassemblé près de 9 000 signatures à la Chambre des communes. Le ministre responsable a souligné la complexité d’une réglementation partagée entre fédéral et provincial, mais reconnaît la nécessité de débattre du droit à la jouabilité.